Réflechir un peu...



Ce soir,point de pâté...juste un extrait du livre "Sympathie pour le diable" de Paul M.Marchand (reporter de guerre) 

 

Celui qui a beaucoup souffert (le Degré de souffrance auquel un homme peut atteindre détermine presque sa place dans la hiérarchie) est plein d’orgueil spirituel et de dégoût; tout imprégné et coloré de la certitude effrayante qu'il en sait d'avantage, du fait de sa souffrance, que les plus habiles et les plus sages, qu'il a connu beaucoup de mondes lointains et effroyables et qu'il fut un jour "chez lui" dans ces mondes dont "vous autres ne savez rien". Cet orgueil spirituel de celui qui souffre, cette fierté de l'élu de la connaissance, de l'initié,presque immolé,croit toutes sortes de déguisements nécessaires pour se protéger du contact des mains indiscrètes et compatissantes, et en général de tout ce qui n'est pas son égal en souffrance. La profondeur de la douleur rend noble; elle sépare. Un des déguisements les plus subtils est l'épicurisme, et une certaine vaillance du goût dont on fait désormais étalage, qui prend la douleur à la légère et se défend contre toute tristesse et toute profondeur. Il est des "hommes gais" qui se servent de la gaieté pour qu'on se méprenne sur eux : ils veulent qu'on se méprenne. Il est des "esprits scientifiques" qui se servent de la science parce qu'elle donne une apparence sereine, et parce qu'on déduit de leur esprit scientifique qu'ils sont superficiels : ils veulent inciter à cette fausse conclusion. Il est des esprits libres et effrontés qui voudraient cacher et nier qu'ils ont des cœurs brisés et fièrement incurables et parfois la bouffonnerie elle même est le masque d'un savoir funeste et trop certain. D'où il suit que c'est une marque d'humanité un peu délicate de respecter "le masque" et de ne pas pratiquer à tort et à travers la psychologie de la curiosité.

Friedrich Nietzsche


Cette ligne n'est plus attribuée

5:07

 

"Cette nuit,je ne sais pas pourquoi,j'ai composé notre ancien numéro"

 

ou plutôt si...je le sais. Cela a été un automatisme depuis le décès de mes mères(ou plutôt de la dernière),c'est normal me direz-vous, les habitudes. Et puis ça s'estompe...mais cette nuit, après m'être réveillée à chaque heure quasiment, j'ai eu à un moment donné 30 secondes d'hésitation,je ne savais plus où j'étais. C'est arrivé à tout le monde au moins une fois mais là, j'avais l'impression d'être entourée de celles qui étaient parties. 

Portable...
+41227310630
Puis rien...


sound of silence


J'aimerais tant passer à autre chose, écrire d'autres choses...peut-être plus drôles, plus légères mais d'un, on ne peut pas faire certaines choses sans avoir le courage de les laisser partir et de deux, c'est comme ça pour le moment,la peur de laisser partir en pensant qu'on va tout oublier. J'aimerais tant arriver à être juste bien quand les bons souvenirs remontent (et il y'en a des tonnes). 

Je me souviens de fous rires étouffés quand nous regardions une émission à la con et que ma mère dormait.
Je me souviens de l'odeur et du bruit de la machine à café très tôt le matin et de nos discussions.
Je me souviens TROP...je me souviens de TOUT...et ça me rends triste.





Le deuil et la maladie,comment gère t'on les deux?


"Tu n'es plus là où tu étais,mais tu es partout là où je suis"


Je voulais tout d'abord écrire un article en écho avec celui d'avant, mais je vais laisser encore un peu de temps n'ayant pas eu encore assez de réponses (vous avez bien des anecdotes quand même? :)).

ça va certes, commencer par un songe en introduction mais je vais essayer d'expliquer comment on arrive (ou pas) à gérer plusieurs choses impactant sur notre vie.


LE DEUIL

 

Chose invisible qui te colle à la peau

 

 

J'ai rêvé que j'étais avec elles au bord d'un magnifique lac,des poissons valsaient à la surface de l'eau et quelques mouettes voulaient les attraper. L’atmosphère était paisible, et je voulais prendre la scène en photo...mais j'étais en bout de pellicule et devait tout remettre à zéro pour en prendre de nouvelles.

Effacer l'ancien pour permettre au nouveau de prendre place?

Comme à chaque fois, je me réveille pas très bien...parce que je sais pertinemment que la route du "dernier" deuil que je dois encore faire sera sinueuse et encore un peu longue, à en juger le palier que je traverse en ce moment.Parce-que non, je n'ai pas encore accepté la mort de ma 2ème mère pour l'instant.

LA MALADIE

 

Chose visible sur toi et invisible qui vit dans ton corps


J'y pense souvent en fait...et suis très sévère avec moi-même.Comme pour le deuil,il y'a des idées que je refuse catégoriquement de laisser rentrer dans ma tête. Comme pour le deuil,il y'a des "cap" a passer. Ce qui vit méchamment à l'intérieur de moi je l'ai accepté,puis on a pas vraiment le luxe du choix. 
Cette maladie c'est des montagnes russes. Sans cesse entrain d'ajuster les molécules, les tester...ça va un temps puis il faut changer de protocole de nouveau.

Le traitement est trop fort? Sueurs, nausées, amnésie rétrograde légère, perte d'équilibre, trouble de la vision mais au moins aucune douleur osseuse, on bouge bien.

Mais je vous avoue qu'au quotidien c'est vachement dur et loin d'être pratique. Alors on ajuste.

Le traitement est trop faible? Douleurs osseuses violentes et fatigue généralisée...mais au moins pas trop d'effet secondaires.

Trouver un équilibre satisfaisant, ça fait longtemps qu'on m'a dit qu'on ne pouvait pas traverser un cancer sans ne rien sentir.Donc pas d'équilibre parfait, le corps est un petit rebelle. 


JOINDRE LES DEUX

 

Jongler entre le visible est l'invisible

 

Forcément,s'il n'y avait pas maladie, le deuil serait peut-être mieux géré. Et si deuil il n'y avait pas, mon esprit serait peut-être moins encombré par la douleur.On dit toujours, un cancer c'est 50/50...Mais je fais quoi quand ces 50 ne sont pas suffisants? La partie physique je peux pas l’amoindrir donc j'essaie de compartimenter.Un process super complexe...car compartimenter,je ne sais pas faire donc l'équation est simple dans mon cas, c'est 50/25.

Alors je me tais,je fais l’Hermite (souvent), je reste pudique sur mon état actuel...et puis quand c'est trop,les barrières lâchent. Et je reconstruit et ça relâche...etc,etc.

Ne vaudrait-il pas mieux que je parle régulièrement alors? Oui, mais Rome ne s'est pas construite en un jour. J'ai des oreilles en qui j'ai une extrême confiance(qui ne comptent que sur le doigt d'une main atrophiée) et j'en mesure la chance. 
Mais "chat échaudé craint l'eau froide": Pour ceux qui viennent d'arriver, on en est arrivé a dire que je faisait semblant d'avoir un cancer. Vous imaginez un peu les répercussions psychologiques? Oh oui...vous devez surement bien les imaginer. J'ai eu des excuses, mais cette minorité qui n'a rien fait,rien dit où pire encore, suivi le mouvement, je n'ai plus aucun respect pour eux.(mais ils le savent depuis un bail)

Et cela s'est confirmé quand j'ai dû reprendre le travail sur une courte durée...j'avais juste l'impression d’être"la chose".Comme en cours de récrée et qu'on se moque du petit rondouillard du fond de la cour. Ce rondouillard là s'en souviendra toute sa vie... et là vous voyez réellement  qui sont les gens et comment ça peut aider a détruire une partie de votre image,de votre être. C'est pour cela et pour d'autres raisons que le mental doit être en béton armé.Dur dur quand on doit se cogner un deuil en plus et toutes les petites choses du quotidien qui sont pas super top moumoutes.

Un jour, mon oncologue m'a demandé (avec toute la froideur d'un oncologue ;)) :"mais comment vous vous organisez dans votre vie et votre tête avec tout ça?"
(blanc) (tu crois que j'ai le choix,je fais,comme un robot et j'évite de penser)

"ah,mais oui, je crois que ça s'appelle être courageuse,non?"
Et mon entourage très intime l'est tout autant que moi. Nous avons besoin,en tant que malade, de force...et la force extérieur est importante. Sans vous, ce serait encore plus compliqué...alors des fois la jauge repasse à 50/50.

Mais je suis claire avec moi-même, ma stabilité intérieure je ne la trouverai que quand tout ça,y compris mes fantômes, seront derrière moi...en attendant j'écris pour moi,un peu pour vous, je m'accroche et je regarde le train passer(parfois).

Alors non, on ne gère pas à la baguette et il n'y'a pas de recette miracle....mais tant pis, tant qu'on a nos deux jambes, on avance.
 

 

Et vous,vous rêvez comment?

 
rêves , rêves récurrents, insomnies

 

Les rêves récurrents

 

Ces rêves qui te poursuivent toute ta vie (les vilains!)

 

Vous est-il déjà arrivé de faire le même rêve (avec quelques petites variations bien-sûr)? C'est mon cas... Depuis : "ohlalala c'est tellement loin". J'en ai deux, deux qui ne veulent pas me quitter depuis toute petite.


  • RÊVER D'UNE MAISON ET D'Y ENTRER :
Il n'y a pas une semaine où je ne rêve pas de maisons.Elles sont certes différentes mais en règle général, je serai capable de les décrire toutes (oui,bien toutes,même celles qui datent de deux ans auparavant). Elles sont souvent laissées à l'abandon, en vrac et j'explore les pièces, une à une...

 Symbole de notre vie intérieure, elle représente à la fois le corps et la vie psychique de celui qui en rêve.. Son interprétation onirique correspond donc à la façon dont on se perçoit globalement. Délabrée, en désordre, elle peut indiquer que je traverse une période de vie « brouillonne » Ce qui m'amène a analyser ce qui ne va pas quand je me lève et que j'ai bu un café histoire d'être moi aussi, un peu moins brouillonne ;)

 Évoluer dans une maison inconnue peut aussi révéler une certaine méconnaissance de soi : quels pans de mon histoire, quelles facettes de ma personnalité je laisse dans l’ombre ? Et de la même façon, des pièces vides peuvent évoquer des ressources personnelles qui ne sont pas encore explorées. A chaque pièce correspond également un symbolisme particulier.Par exemple : La cuisine est le lieu par excellence de transformation et d’évolution, c’est dans cette pièce que la matière brute est travaillée. Elle suggère donc qu’un changement est sans doute nécessaire pour avancer.

  • RÊVER DE CHERCHER QUELQU'UN DANS UNE GARE / LOUPER LE TRAIN/ ME PERDRE :
Généralement,la gare est bondée (sinon c'est pas drôle) je cherche quelqu'un sans trop savoir qui et souvent je vois partir cette même personne dans le train que j'ai loupé.Le vrai bordel en fait !

 Sans trop chercher, je sais que de rêver d'une gare bondée est le reflet de mon intérieur. Se perdre dans une gare plein de va et viens signifie donc que mon, intérieur est en vrac, que je suis complétement paumée et que je cours après quelque chose...Mais quoi? Mystère.Et le fait de le louper peut signifier les pertes non acceptées où les choses que je n'ai pas réglées.



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Cette méthode d'interprétation me vient des différentes thérapies que j'ai faites (bonnes ou mauvaises). Aller chercher une interprétation toute faite sur Internet ne sert à rien...car l'inconscient gère bien évidemment votre vécu et/ou vos traumas.Donc interprétez-les en prenant en compte votre vie et vous verrez, vous y verrez beaucoup plus clair.

Ma mère avait son petit côté mystique et nous avions toujours un dictionnaire des rêves dans le salon...encore aujourd'hui il m'arrive de regarder sur le net l’interprétation mais en règle générale,c'est bof bof mais j'ai gardé cette mauvaise habitude : c'est un peu comme si vous cherchiez vos symptômes sur Doctissimo quoi.

  • LES AUTRES RÊVES MOINS RÉCURRENTS MAIS PLUS COURANT CHEZ LES GENS :
 LA MORT: Non je vous rassure, vous n'allez pas mourir,ni vos proches. Cela représente souvent le renouveau intérieur et c'est plutôt bon signe, vous avancez.(Mais comme moi je garde le côté mystique de ma mère, je me dis juste que quand je rêves d'elles, c'est qu'elles viennent me faire un coucou (même si cela peut me secouer au réveil).)

 RÊVER DE TOMBER BRUSQUEMENT : Là aussi, je vous rassure...vous n'allez pas rater un projet ou vous rétamer.Il s'agit juste "d'une secousse hypnique" sorte de secousse d’endormissement qui nous réveille.Et ce n'est pas un trouble, c'est naturel.


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Bref, il y'en a des choses à dire sur les rêves...:) Et moi je suis curieuse ds vôtres. En avez vous des récurrents? Quels en sont les thèmes?

Laissez-moi vos anecdotes en commentaire, ça pourrait m'être très utile pour un prochain article et merci d'avance :)

No Words part II

nostalgie
   
 (C'était en 1983...je ne me souviens plus quand exactement...mais j'en ai gardé des traces précieuses)

 


J'ai tellement de choses a dire...enfin a écrire mais j'avoue que ce soir, rien ne sors de sous mes petits doigts. Alors voilà, j'ai mis des choses, un peu en vrac pour illustrer au mieux ce que je voudrais dire...

     
chanson johnny cash et pop evil